Le Nikon 58mm, sorti fin 2013, est probablement une des optiques les plus mal comprise de la gamme. Elle a suscité de nombreux débats sur les forums photo. En cause, un comportement atypique ne correspondant pas aux attentes de nombreux photographes. Pourtant, utilisée en connaissance de cause, elle peut délivrer des images extrêmement esthétiques.
Quel usage ?
Le 58mm brille essentiellement en paysage, en faible lumière et photo de nuit, en portrait et mariage. Sa focale de 58mm, légèrement plus longue permet de davantage isoler le sujet qu'au 50mm. Cependant, si à grande distance les résultats sont très bons à pleine ouverture, le piqué baisse et est déjà très moyen en plan américain. De plus près, la baisse est plus conséquente encore. Ce n'est donc pas une optique à conseiller à ceux qui désirent un portrait très piqué à f/1.4 ! Ne pratiquant pas réellement la photographie nocturne, j'utilise le 58mm essentiellement en paysage, reportage (évènement, mariage) et portrait.
En paysage, dans des conditions classiques et aux ouvertures habituelles dans ce domaine, le 58mm est naturellement excellent, comme on est en droit de s'y attendre pour une optique de ce prix. Le traitement "nanocristal", le pare-soleil et le fait que la lentille frontale soit profondément enfoncée dans le fût de l'optique assurent de bons résultats lorsque le soleil est inclus dans le champ.  Le 58mm produit fort peu de lumières parasites (flare, glare, etc.).

Nikon d810, 58mm, f/8, 1/250s, iso 64, à main levée, filtre polarisant

Nikon d810, f/10, 1/15s, iso 64, trépied, miroir relevé

La focale du 58mm, qui est une "normale longue", autorise des effets de flous intéressants en paysage, qui confèrent un effet de profondeur à la manière d'un objectif à bascule.  On peut l'observer sur les clichés ci-dessous où seule une partie de l'image est nette. L'optique n'est cependant pas exempte d'aberrations chromatiques longitudinales parfois difficiles à traiter efficacement.

Nikon D4, 58mm, f/1.4, 1/1600s, iso 100

Nikon d810, 58mm, f/1.4, 1/3200s, iso 64

Sans être vraiment superlatif, à grande distance le piqué à f/1.4 sur mon d810 me semble tout à fait suffisant pour obtenir une bonne image.

Crop 100 % de l'image ci-dessus

L'optique gère bien les face à face avec le soleil, comme on peut le voir ci-dessous. On peut cependant constater un reflet parasite à gauche de l'image mais à pleine ouverture et face à un soleil occupant une grande partie de l'image, je suis heureux du résultat.

Nikon D4, 58mm, f/1.4, 1/2500s, iso 100

Nikon d700, 58mm, f/1.4, 1/400s, iso 200

De nuit, le 58mm est très bon. La coma est limitée, bien que visible à pleine ouverture.

Nikon D4, f/1.4, 1/125s, iso 2800

Crop 100% syndical

C'est à plus courte distance que le 58mm se révèle particulièrement intéressant, mais aussi délicat à utiliser. Le piqué chute mais l'addition des caractéristiques du 58mm permet néanmoins de créer des images valorisantes, qui présentent un certain caractère. Ces quelques exemples sont issus d'un mariage.

Nikon D4, 58mm f/1.4, 1/500s, iso 100

Crop 100 % de la photo précédente : c'est très doux, c'est indéniable.

Voici à présent un exemple du rendu du 58mm à très courte distance. Certains disent observer du "nimbé", je me contenterai de l'appeler "flou romantique". Pour moi, c'est presque une optique à effet dans ce cas de figure ! Le piqué reste exploitable dans la zone centrale de l'image. A f/1.4 à courte distance, je centre donc mes sujets la plupart du temps et je recours au liveview quand c'est possible pour obtenir la mise au point la plus précise. Le moindre décalage donnera une impression de mollesse à l'image que beaucoup jugeront inacceptable.

Nikon D4, f/1.4, 1/200s, iso 400

Cependant, dès f/1.8, le piqué du 58mm remonte de façon sensible et dès f/2.8, le piqué est élevé dans une très large zone centrale. Il faut cependant savoir que même à f/4, les coins ne seront pas au niveau du piqué de la zone centrale qui sera, lui, superlatif. Malgré cela, le 58mm produit des images au rendu très agréable à mon œil dès f/1.4 et dont le caractère sied bien au portrait de mariage.

Nikon D4, f/1.4, 1/200s, iso 360

Nikon D4, f/1.4, 1/400s, iso 100

Nikon D4, f/1.4, 1/200s, iso 1250

Nikon D4, f/2.8, 1/1000s, iso 100

Nikon D4, f/1.4, 1/1000s, iso 100

Crop 100 % de la photo ci-dessus. Sur le D4, l'autofocus du 58mm a bien suivi le déplacement (lent) du couple de mariés. Sur des sujets plus rapides, il faut s'attendre à du déchet conséquent à cette ouverture, comme avec les autres optiques f/1.4.
Réaliser une mise au point à très courte distance noie totalement l'arrière-plan dans le flou tandis que le piqué baisse notablement. Une solution est de fermer légèrement le diaphragme : on récupère de la lisibilité dans l'arrière-plan et le piqué est plus acceptable au niveau de la zone de mise au point. Pour profiter de cette optique, il faut donc comprendre que son caractère varie suivant la distance de travail et l'ouverture.

Nikon D4, 58mm, f/2.5, 1/500s, iso 100

Nikon D4, f/1.4, 1/125s, iso 1400

Dans le cadre du portrait, le 58mm est excellent, si l'on admet les restrictions déjà mentionnées. En principe, on veille à se limiter à un cadrage relativement large de type "plan américain" afin d'éviter les déformations dues à la perspective.

Nikon D4, 58mm, f/1.4, 1/200s, iso 100

Nikon D4, 58mm, f/1.4, 1/200s, iso 400

Nikon D4, 58mm, f/1.4, 1/200s, iso 200

Nikon D4, 58mm, f/2.8, 1/125s, iso 500

Nikon D4, 58mm, f/2, 1/125s, iso 1000

Points forts
+ le piqué est élevé en paysage dès la pleine ouverture et à longue distance en général
+ la zone de transition des flous est hyper progressive pour un bokeh sublime et un rendu avec du caractère
+ la bonne gestion de la coma
+ la bonne gestion du vignettage
+ le beau rendu couleur
+ la belle qualité d'image en contre-jour
+ le poids (seulement 450 gr)
Points faibles
- le piqué faible à très faible à courte et très courte distance à pleine ouverture
- l'autofocus parfois hésitant et imprécis
- le prix élevé pour une focale standard (1700 € environ)
- un temps d'apprentissage plus important que d'habitude est nécessaire pour tirer la quintessence de l'optique
- une gestion des AC longitudinales meilleure que celle des autres optiques de la gamme 1.4G mais néanmoins imparfaite
Quelques autres clichés au 58mm f/1.4G
© Gaëtan Lepage 2013 - 2019
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